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Gabriel Kinsa  
 
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Bienvenus dans le monde de Gabriel KINSA !  


Le fruit du sorcier

Nguengué était une vieille dame qui habitait seule à la sortie du village. La légende raconte que son père l’avait trouvée dans un tronc d’arbre au cour d’une partie de chasse. Oh, elle était vieille, très vieille, en plus elle était très malade. Quand elle se déplaçait, il y a des mouches qui la suivaient. Elle allait voir les gens pour demander à manger, mais les gens ne lui donnaient pas à manger.

Alors elle habitait toute seule, elle n’avait personne, pas d’enfant, pas de frère, pas de sœur, pas de mari. Puis un jour, elle se dit, puisque personne ne me donne à manger dans le village, et beh, je vais aller dans la forêt, je vais trouver quelque chose à manger. Alors, elle prend son long couteau, elle se dirige dans la forêt, elle arrive dans la forêt, elle cherche quelque chose à manger, mais même dans la forêt, elle ne trouve rien.

Alors fatiguée, épuisée, désespérée, elle se dit : « mais puisque je n’ai personne et que je n’ai rien à manger, à quoi bon vivre ? Je vais m’asseoir au pieds d’un arbre, je vais fermer les yeux, je vais dormir, et puis tant pis, je vais me laisser mourir. »

Alors elle va s’asseoir au pieds d’un arbre, chers amis, et là elle ferme les yeux. Elle commence à dormir, mais pendant qu’elle dormait …Oh, oh, oh !... ah, ah, ah !...et beh voilà qu’elle fait un rêve, et qu’est-ce qu’elle voit dans son rêve ? Elle voir un serpent sortir d’un trou, entrer dans son œil, sortir par son oreille et repartir dans le trou. Elle sursaute, elle dit : « mais qu’est-ce que c’est ? » Elle a peur, elle regarde de gauche à droite, elle touche son œil, son oreille. « Ouf ! Ce n’est qu’un rêve, mais je vais encore dormir, je vais me laisser mourir. »

Mais pendant qu’elle dormait, chers amis, voilà que le même rêve revient, mais cette fois-ci le serpent entre par le nez pour ressortir par sa bouche et repartir dans le trou. Elle sursaute, elle regarde derrière, rien, devant, rien, en haut, rien. Elle veut se rasseoir, elle baisse les yeux, mais là qu’est-ce qu’elle voit ? Un trou. « Et beh, un trou mais peut-être que dans le trou, il y a le serpent, ou tout simplement le serpent voulait me dire que dans le trou, il y a quelque chose à manger. »

Alors comment le savoir ? Eh, eh, eh…et bien pour le savoir, chers amis, il faut mettre la main dans le trou. Et Nguengué, cette vieille dame, voilà qu’elle ramasse son courage, elle met son courage au bout de sa main, elle plonge la main dans le trou. Ouah, ah, ah…. Elle met la main dans le trou….. hu…HU… elle met …hu…hu… qu’est-ce qu’elle trouve ? Un petit fruit. Elle dit « oh ! un petit fruit ? Oh, je vais manger ce fruit…Alors elle pose le fruit, elle veut bien prendre son temps parce que ça fait longtemps qu’elle n’avait pas mangé, alors elle nettoie dedans, elle se retourne vers son fruit avec amour, elle veut prendre le fruit, mais là voilà que le fruit commence à grossir, à grossir, à devenir énorme…

Elle dit : « Oh, Oh, oh, quel fruit merveilleux ! Oh, je vais manger ce fruit. » Effectivement, chers amis, ce fruit était merveilleux parce que là, sur la tête, il y avait une crête, tout en bas, il y avait un long bâton, et il y avait des petits yeux partout, des petits yeux partout, des petits yeux partout. Nguéngué était heureuse d’avoir ce fruit, alors avec son couteau, elle coupe une première part, ya, ha, ha… une deuxième part, ya, ha, ha, une troisième part, ya, ha mais voilà qu’elle voit quelque chose dans le fruit.

Elle dit : « mais qu’est-ce que c’est ? » Elle pose son couteau, elle écarte la chair du fruit, elle écarte la chair du fruit, elle écarte la chair du fruit et tout à coup, qu’est-ce qu’elle voit ? Elle voit un bras : « oh ! il y a un bras ? » Oh… elle tire le bras et qu’est-ce qu’elle voit sortir du fruit ? Un bébé. « oh ! un bébé ? moi qui n’avait pas de bébé, maintenant j’ai trouvé mon beau bébé, oh, je suis heureuse, je suis heureuse ! »

Alors, elle sert le bébé contre elle, elle veut remercier les esprits de lui avoir donné ce bébé, mais elle voit un autre bras. Elle tire le deuxième bras, et c’était un deuxième bébé, alors elle prend ses deux bébés, elle veut rentrer à la maison, mais elle entend : « ne m’abandonne pas ! » Elle se retourne, cette fois-ci, elle voit une tête, elle prend la tête, elle tire et c’est un troisième bébé, alors elle prend ses bébés, elle rentre à la maison.

Elle arrive à la maison. Les gens du village : « eh ! …vous avez vu la vieille dame ! Mais qu’est-ce qu’elle a dans les bras ? Mais ce sont des bébés ? Et toi, la vieille dame, tu n’as pas de mari, tu n’as pas de bébés, comment t’as fait pour… »Mais elle ne dit rien, parce que pour elle c’est un secret. Elle était heureuse d’avoir ses trois bébés, elle était heureuse de remercier les ancêtres de lui avoir donné ses trois bébés, elle était heureuse avec ses trois bébés et ses trois bébés avaient grandi. Et ses trois bébés s’étaient mariés. Et ses trois bébés avaient donné naissance à d’autres bébés et elle avait créé son village qu’on appelle le village de Nguengué…